Accueil > Le Télégramme : Originaire de Plédran, il sensibilise à l’écologie par le stand-up
Peut-on vraiment parler de climat, de transition écologique et d’avenir de la planète tout en faisant rire ? C’est le pari de Green Stand-Up.
Ce projet né à la croisée de l’ingénierie énergétique et du stand-up, est mis en lumière par Le Télégramme. Le journal breton y a consacré tout un article. Car oui, derrière ce concept, il y a un ingénieur breton. Né à Plédran dans les Côtes d’Armor et avec une conviction forte. Celle que l’écologie ne changera rien si elle ne touche pas les gens.
Cet article revient sur ce chemin singulier.
Green Stand-Up c’est un projet qui allie la scène à l’écologie. Pourtant, tout commence loin des grandes scènes et des projecteurs.
Originaire d’une petite commune des Côtes d’Armor, pour moi, l’écologie n’est pas un slogan mais un quotidien fait de paysages, de nature et de territoires. C’est ce quotidien de campagne qui m’a vu grandir jusqu’à mes 18 ans. L’âge auquel je suis parti faire des études d’ingénierie dans les énergies renouvelables.
Au départ, je me suis plus dirigé vers les énergies renouvelables par fascination technologique que par intérêt environnemental. Les grandes éoliennes ou les panneaux solaires révolutionnaires m’intéressaient particulièrement à un moment où mon avenir professionnel était encore une notion très floue pour moi.
En découvrant des conférences sur les énergies renouvelables, sur les limites planétaires ou sur la gestion de nos ressources, mon regard a alors changé. Je me souviens particulièrement d’une conférence de Jean-Marc Jancovici qui m’a fait changer ma façon de voir l’écologie (je vous ai mis le lien si vous souhaitez la retrouver). A partir de ce moment-là, il m’apparut évident que je doive m’impliquer en faveur de l’environnement.
Je suis alors devenu ingénieur énergéticien dans des centres de recherches, de grands groupes et auprès des collectivités. Toujours dans le but de d’œuvrer, à mon échelle, pour la planète.
Depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours aimé l’humour. J’ai toujours fait des blagues. Peut-être un peu trop pour mon entourage. Mais pour autant, pouvoir en vivre n’était qu’un rêve irréaliste.
J’ai rapidement été fasciné par le stand-up. Je regardais beaucoup de spectacles d’artistes de la scène francophone. Fabrice Eboué, Jeremy Ferrari, Arnaud Tsamère… Tous me donnaient envie de faire comme eux. Je m’étais alors dit qu’il faudrait, qu’un jour, je franchise le pas. Il faudrait que je m’essaie à la scène.
Un jour, un plateau de stand-up a ouvert dans ma rue. En face de chez moi. Je me suis alors dit que si je ne tentait pas de monter sur cette scène, je ne le ferais jamais. Et finalement, comme a dit Macron, j’ai traversé la rue pour trouver un boulot.
J’ai contacté le gérant de ce lieu. Il m’a proposé d’écrire un passage de 3 minutes et de le recontacter quand je serai prêt. 2 mois plus tard, je montais pour la première fois sur scène.
Ingénieur le jour, stand-uper la nuit, il m’était difficile de concilier les deux. Je dormais peu. Mais je ne pouvais pas me permettre de faire un choix. Une activité me faisait vivre. L’autre me procurait du plaisir.
Puis, un jour, j’ai pris conscience qu’il pouvait y avoir une synergie entre mes deux activités. Mieux encore, que l’humour pouvait apporter à la science. En effet, j’ai réalisé que des conférences ou des salons que je faisais, je m’adressais toujours à une élite, à des cadres ou des ingénieurs. Des personnes qui ont accès à la connaissance scientifique et qui peuvent, eux aussi, écouter une conférence de Jancovici.
Je me suis alors demandé s’il n’était pas plus pertinent de tenter de m’adresser à celles et ceux qui ne s’intéressent pas à la thématique écologique car c’est trop complexe ou trop ennuyant. Car ce sont ces personnes qui peuvent faire la différence. La préservation de l’environnement est un enjeu collectif et tout ne pas se jouer avec seulement une partie de la population. Il faut engager un maximum de personnes. Et moi, Yoann Le Blévennec, petit ingénieur énergéticien, j’ai la capacité de les intéresser. Grâce à l’humour.
J’ai donc développé un projet qui me permet d’associer l’écologie au stand-up. Mais je ne partais pas de zéro. Depuis mes premières scènes, j’aime parler de sujets qui m’intéressent et qui me semblent pertinents à partager. J’apprécie donc aborder la thématique écologique. J’avais déjà un premier retour d’expérience sur le fait de parler d’écologie avec humour.
Il fallait simplement repenser ma façon d’aborder la chose. En effet, je remarquais que le public retenait plus la blague que le message. J’ai donc adapté mon écriture pour que le public retienne alors le message grâce à la blague.
Mon projet commençait à voir le jour. Je savais alors où je voulais aller. Mon environnement professionnel devenait de moins en moins plaisant. Je ne me sentais pas indispensable à mon poste de l’époque. J’ai alors démissionné et fait le choix de me lancer pleinement dans cette aventure.
Même si, avec du recul, c’était beaucoup trop tôt car mon projet n’était pas encore mature, je ne regrette rien. C’est cette décision qui m’a permis de me consacrer pleinement à Green Stand-Up. C’est cette décision qui m’a permis de changer ma vie, et je l’espère, d’impacter beaucoup d’autres.
L’histoire racontée par Le Télégramme n’est pas seulement celle d’un parcours individuel. C’est le reflet d’une transformation plus profonde. Celle de la manière dont notre société cherche à se réapproprier les enjeux écologiques.
De Plédran aux scènes de stand-up, de l’ingénierie aux salles de classe et de l’humour aux politiques climatiques. Le fil conducteur reste finalement le même. L’idée est de rendre l’écologie compréhensible, désirable et vivante.
Car pour changer nos comportements, il faut d’abord changer notre manière d’en parler. Et parfois, la meilleure façon de parler d’un sujet sérieux, c’est d’en rire ensemble.
Aujourd’hui, j’interviens quotidiennement dans des écoles et des entreprises. Si vous souhaitez, vous aussi, sensibiliser vos élèves ou collaborateurs de manière ludique et humoristique, contactez-moi !
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